petite kaboumeton prend son envolAlors que la naissance de ma petite kaboumeton me remplie de joie, celle de ce soir me rempli de désespoir. On y est pour rien, on ne sait pas, mais voilà, c'est là. Juste devant la porte, au milieu de la route, un chat. Un de ces beau chat noir et blanc comme Felix, qu'on voyait souvent passer près du bateau. Oui, "voyait", car il n'est plus. Ce n'est plus désormais qu'une masse inerte au milieu de cette route vide, sans âme qui vive. La seule qui était là, c'était moi. Et celle de ce pauvre félin qui tentait désespérément de quitter ce corps sans vie.

J'en ai eu des chats qui ont subit le même sort, celui du contact froid et douloureux du malade qui roule à fond la caisse, qui ne se rend même pas compte de ce qu'il fait. J'en ai même eu qui n'étaient plus identifiable tant ils avaient été broyés, piétinés, écrasés par les voitures. C'est douloureux, que ça soit pour ceux qui partageaient sa vie comme pour moi. On s'accroche, il faut être fort, et malgré la désolation qui montait, je ne pouvais pas le laisser là.

J'ai été chercher un sac, et je l'ai pris délicatement. Il était encore chaud. Cette chaleur qui le quittait me pénétrait, ses dernières forces s'échappaient tant qu'elles pouvaient, dans un dernier souffle de vie. Je l'ai posé délicatement là où il ne craignait plus rien, puis j'ai attendu. Combien de temps je ne sais pas, une seconde, une minute, 15 minutes... Je guettais la vie. Un petit signe de respiration, un mouvement, quelque chose. Finalement rien, et c'est peut-être mieux comme ça.

"Va rejoindre les tiens..." ai-je murmuré. C'est stupide, je me doute, mais il n'est jamais stupide de respecter la nature et la vie... et la mort... Mais c'est venu spontanément, comme pour l'accompagner une dernière fois.

Le voyage fut long, à peine 10 minutes. Le moral tout en bas, à coté des pédales. J'abandonnais ma voiture, en la regardant comme s'il s'agissait d'une criminelle, alors qu'elle n'avait rien fait. Mais finalement dans tout ça, à qui les torts? La personne qui l'a écrasé? la personne qui l'a laissé sortir ce soir là? la personne qui l'a fait naître? Allez savoir. Est-ce qu'on fait naître les chats pour les envoyer à la mort si cruellement? Est-ce qu'on leur laisse le choix?

Restons sages, tout ce qui naît va mourir, tôt ou tard. Le plus tard possible de préférence. Accepter la vie, c'est aussi accepter la mort. Profitons alors des jours heureux qu'on peut passer à s'occuper d'eux, à les retrouver, à leur parler, à les aimer. Ca c'est la vie, et finalement y'a que ça qui compte.

D'ailleurs ça me fait penser qu'il va falloir un petit nom pour cette kaboumeton qui arrive, petite âme perdue toute jeune, cherchant amour et petits soins (et les tétines de sa mère prioritairement...)

Si jamais avant la semaine prochaine j'arrive à trouver le nom de cette âme envolée, je donnerais bien ce nom a ma petite âme. Comme un hommage...